Quoi mettre dans la trousse médicale ?

La trousse médicale est certainement l’objet que l’on désire le moins avoir besoin et qu’on a souvent tendance à négliger. Certains voyageurs se disent qu’ils ne leur arrivent jamais rien, alors pourquoi s’encombrer et dépenser inutilement? Il est toutefois dommage de devoir attendre d’en avoir besoin avant de prendre conscience de son importance.

Lors de notre voyage en Asie en 2001, alors sans enfant, nous étions partis avec le minimum: Pansements, onguent antibiotique, Cipro et Imodium pour la diarrhée. Suite à une difficile randonnée dans la jungle indonésienne, Vincent a souffert de déshydratation sévère. Vingt-quatre-heures couché avec un mal de tête incroyable et à vomir dans une cabane en bambou, perdu à plus de 4 heures de pick-up du premier « village » muni d’une clinique; Croyez-nous, maintenant on emporte toujours des sels de réhydratation.

Au Guatemala en 2009, nous avions emporté tout ce qu’il faut pour les enfants, mais avions négligé les antibiotiques pour voies respiratoires pour adulte. Nous n’avions pourtant aucune excuse, notre liste de médicaments recommandés était disponible sur notre Site… Nous n’avions jamais eu de bronchite au Canada, alors ce n’est pas au Guatemala que nous allions en avoir une… Faux. Après une semaine de toux qui s’aggravait, nous avons dû acheter des médicaments à une autre famille de voyageurs pour traiter Véronique. D’un autre côté, après une nuit de fièvre et quelques jours de toux, nous étions très heureux d’avoir dans le fond du sac les antibiotiques pour Camille.

bradtLa trousse c’est comme une assurance, on n’en veut pas, mais il en faut. La difficulté est de trouver la bonne liste d’items pour ne pas être surchargé, ne pas se ruiner, et ne manquer de rien. Basés sur notre expérience et nos lectures, nous avons développé une liste pour le matériel de premiers soins et une autre pour les médicaments. Il est toutefois PRIMORDIAL de faire valider la liste des médicaments par un médecin. Le livre Your Child Abroad, A Travel Health Guide est aussi excellent pour expliquer l’utilisation et la posologie des différents médicaments. Il offre aussi une excellente section sur le diagnostic et le traitement des maladies chez les enfants. Évidemment, l’objectif n’est pas de jouer aux apprentis médecins, mais d’être capable de mieux comprendre ce qui arrive à nos enfants, d’avoir une idée sur le traitement nécessaire et ainsi d’être en mesure de bien expliquer la situation aux médecins locaux.

La base d’une bonne trousse est de prévoir vos médicaments courants spécifiques, plus difficiles à trouver à l’étranger, en quantité suffisante pour la durée du séjour. Pour les médicaments de type préventif, pour un voyage d’environ 4 semaines, nous suggérons de prévoir un traitement par personne pour les maladies susceptibles d’être contractées par plusieurs personnes à la fois (diarrhée) et un traitement par 2 personnes pour les maladies plus rares (infections respiratoires, de la peau, etc.). Évidemment, si le voyage est plus long, il faudra ajuster les quantités en conséquence. Pour le reste, il n’est pas utile d’emporter une grande quantité de Tylenol (paracétamol), pansements et autres items facilement disponibles à l’étranger. Nous transportons aussi toujours des seringues dans notre trousse en cas de pépins plus graves nécessitant prises de sang ou transfusion dans des coins reculés.

Pour monter votre propre trousse, nous suggérons d’en acheter une de base du commercetrousse.JPG et de compléter par la suite. Les sites travmed et MEC offrent de bonnes trousses de départ. Nous partons toujours avec une plus grande trousse (sac pour trousse grandeur moyenne de MEC) pour les items d’utilité moins courante (antibiotiques, seringues, etc.) et une plus petite pour le sac de jour (pansements, teinture d’iode, pansements, tylenol, Epipen® ou Anapen®, etc.).

Selon la destination, la trousse pourrait aussi contenir les traitements antimalaria (antipaludéen). Par contre, l’utilisation de ces médicaments est bien personnelle et parfois contestée. En effet, ces médicaments ne protègent pas à 100% et ont des effets secondaires parfois importants. De plus, il est possible de grandement diminuer les risques en portant des vêtements longs et de l’antimoustique à base de DEET le soir et en utilisant un filet traité à la perméthrine la nuit. L’OMS, l’IAMAT et fit for travel fournissent de bonnes informations au sujet de la malaria et d’autres maladies potentielles ainsi que des cartes sur la prévalence de celles-ci sur la planète. L’Agence de la santé publique du Canada fournit également des recommandations pour la prévention et le traitement du Paludisme (Malaria) chez les voyageurs internationaux.  Ce document datant de 2009 fourni d’excellentes explications sur le mode de transmission de la malaria afin de mieux comprendre cette maladie.

Nous avons choisi de ne pas prendre de médicaments antimalaria lors de nos 3 premiers voyages à l’étranger en famille. À Bali, la malaria a pratiquement été éradiquée, même en saison des pluies. Au Guatemala et en Colombie, en saison sèche et en passant la moitié du voyage au-dessus de 1000 m d’altitude, nous avons jugé que le risque était faible. Nous sommes par contre très alertes sur le sujet et avant chaque voyage, nous traitons nous même nos filets à la perméthrine. Ce produit n’est pas en vente libre au Canada, mais est facilement disponible par Internet via le site américain travmed. Pour nous, la réflexion sur les traitements antimalaria est à refaire à chaque voyage. La décision finale dépendra de la destination, de la saison, de la médication recommandée, de l’âge des enfants et de notre tolérance au risque. Les risques étant nettement plus grands en Afrique qu’ailleurs, la prise de médication pour cette destination est pour nous inévitable.